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Un don de vie, un don d’amour

Mychelle Harding
« La mère et la fille se portent bien! », répond Shelagh ces derniers jours aux nombreux accompagnateurs.
Le 20 octobre 1998, pendant que les médecins transplantaient mon rein gauche sur ma fille Alia, sept ans, « un don de vie » lui était offert : un acte suscitant en moi autant d’excitation que d’inquiétude. Le rein sera-t-il rejeté? Y aura-t-il des complications? Est-ce que je me réveillerai?… Ces pensées s’agitaient dans ma tête, aux derniers moments de cette aventure qui nous menait toutes les deux droit vers la salle d’opération du deuxième étage. Alia se blottissait tendrement dans les bras de son papa et Shelagh me saisissait affectueusement de sa main droite, son bras gauche sur mon épaule.
Le personnel médical allait et venait tout autour de nous. Comme Alia avait besoin d’un dernier arrêt à la « salle des petites filles » et que je devais mettre des bas de contention pour réguler ma circulation sanguine, nous nous sommes excusées. En refermant la porte, j’ai entendu un préposé aux soins (je crois) demander à Shelagh si elle était la donatrice. « Si je le suis, répondit-elle? Je suis un peu trop habillée pour cette occasion! » Les préparatifs terminés, Alia était calme. On l’a prise des bras de son papa pour la descendre dans la salle et tous l’ont serrée et embrassée en lui prodiguant des mots d’encouragements. « On se reverra au réveil! »
Ma vue était trouble. Je longeais un corridor, de retour à ma chambre, lorsque Shelagh est apparue, caméscope à la main, s’emparant du moment. Je tremblais sans pouvoir m’arrêter. Des larmes coulaient. « Alia? », lançais-je. « Elle va bien, répondit Shelagh, des complications mineures, mais rien d’inquiétant.» Shelagh est demeurée à mes côtés durant deux jours en guise de mère spirituelle et soutien émotionnel tout en allant visiter Alia, lui parler et la filmer à ma place, car j’étais trop faible pour me lever. Le papa d’Alia est venu plusieurs fois par jour, et des amis et la famille allaient et venaient aussi. Malheureusement, il m’est difficile de me souvenir des conversations, dû à la médication.
Les chirurgiens nous ont dit : « vous avez fait une bonne chose, le rein fonctionne à merveille », en ajoutant qu’Alia était réveillée, d’une belle couleur et affamée! Shelagh m’a conduite au service des soins intensifs et en me voyant, Alia m’a tendu les bras, retenue vers l’arrière par de nombreux tubes et fils métalliques. Elle murmura : « Maman, j’ai des dinosaures dans ma chambre »! Nous avons suivi son regard et aperçu les minuscules images près du plafond. « Remets-toi vite, mon ange, dis-je, et à plus tard. »
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