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La divine « mademoiselle C »

Un greffé de Terre-Neuve-et-Labrador m’a demandé s’il existait quelque chose comme des jeux pour greffés. J’ai alors contacté la Fondation du rein à Montréal, devenu le siège social des Jeux par la suite, et ils m’ont tout expliqué à ce sujet. Autrefois, les jeux s’intitulaient simplement les « Olympiques pour les greffés du rein ». Évidemment, nous n’étions plus autorisés à utiliser le terme « olympiques ». Puis, j’ai reçu une lettre m’indiquant que je faisais partie de l’équipe canadienne. J’étais nageuse.

Les premiers Jeux auxquels j’ai pris part se tenaient à New York, en 1980. Ma soeur Brenda, ma donneuse, m’accompagnait tout au long en pleurant… Alors que je portais fièrement le drapeau de mon équipe tout en montant The Avenue of the Americas (Sixth Avenue), ma soeur tentait de prendre de photos, mais les larmes ne cessaient de couler. Elle était submergée de joie et éprouvait de la gratitude pour le succès de la greffe et mon excellente santé.

Mes cousins, vivants à New York et New Jersey, se sont déplacés pour me voir nager. Six ou sept autres Canadiens faisaient partie de l’équipe. L’ampleur des Jeux n’était pas celle d’aujourd’hui où tous les autres types de greffés participent; tout s’est multiplié, l’intensité et la communication. Les Jeux tirent leur origine de l’Angleterre, puis d’autres pays d’accueil les ont tenus dans le but de promouvoir de plus en plus le don d’organes.

Voici les Jeux auxquels j’ai participé : Athènes, en 1982; Amsterdam, en 1984; Innsbruck, en 1987; et Singapour, en 1989. Malheureusement, j’ai manqué ceux de Budapest, en Hongrie, compte tenu de la nécessité de me faire amputer un pied en raison des complications dues au diabète. J’ai suivi le traitement en fixant mes yeux vers les Jeux de Vancouver, en 1993.

Même si, à ce moment-là, je me savais incapable de participer aux Jeux, dus aux problèmes récurrents de mon pied, m’y rendre comptait beaucoup pour moi, car j’allais y puiser une grande source d’espoir et d’encouragement que partagent tous ceux et celles qui m’entouraient à cette période ma vie : les adeptes, les greffés et les personnes qui me soutiennent. Le soutien, l’amour et l’encouragement sans fin qu’offrent la famille, les amis et le personnel médical à la maison ont toujours été ma plus grande source de réconfort. Et en bénéficiant de tous ces appuis, je dois certainement être une des personnes les plus chanceuses au monde.

Oui, je considère possible de faire des projets à long terme, mais sachant que la vie peut donner un coup bas, je cherche vraiment à vivre à la mesure de mes capacités.

 

 

 

 

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