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Le coup de golf

Je me souviens, du haut de mes huit ans, avoir conduit une voiturette de golf pour mon père. Il m’enseignait le golf et tant de choses fondamentales. Il est aussi devenu responsable de mon existence, car en mars 1984, mon héros (mon père) m’a donné un de ses reins, sauvant ainsi ma vie.
Ayant recouvré la santé, il m’est désormais possible de renouer avec le golf. Les encouragements de mon père et de la famille m’ont aidée à prendre la décision de participer aux Jeux mondiaux pour les greffés tenus à Budapest, Hongrie, en août 1991. Voici donc mon souvenir le plus cher de mon voyage à Budapest…
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Nous sommes arrivés tôt le matin pour commencer notre joute de golf dans la matinée. Lorsque nous avons atteint la cinquième aire de départ, j’ai placé le T et frappé un long coup, droit dans les arbres, sur le côté droit de l’allée.
J’étais dans le trouble en frappant la balle dans une zone de quinze centimètres (six pouces) d’herbe entourée de buissons. La balle était située entre deux petits arbres et une branche traversait ce qui allait être la trajectoire de ma balle. Il me fallait donc frapper fort pour m’assurer qu’elle demeure à moins de trente centimètres (douze pouces) hors du terrain. Heureusement pour moi, le caddie a décidé de tenir les buissons loin de mon dos, sans quoi je m’en tirais avec un coup de pénalité.
J’ai donc décidé de tenter de sauver les meubles; je me suis accroupie presque sur les genoux pour pratiquer quelques coups en prenant soin de ne pas toucher la balle. En faisant cela, le caddie a commencé à rire sottement, alors j’ai fait la même chose… Nous avons ri un bon coup ensemble pendant deux ou trois minutes, puis j’ai repris mon plan initial et frappé la balle solidement en criant : « ZUT!!! Est-elle sortie? » La balle était bien sortie… en atterrissant quelque 50 mètres plus loin du trou de golf. Elle avait fait environ 100 mètres sans dépasser 45 centimètres (18 pouces) hors du terrain : un coup fort bien réussi, sans doute le meilleur de ma vie.
Je n’ai pas gagné ni obtenu de place dans ce tournoi. Mais, le coup de ce moment et la complicité vécue avec un parfait étranger, sans barrière linguistique, ayant pour seul point en commun une greffe, étaient le summum des Jeux pour moi.
Karen Jones, greffée d’un rein et participante au huitième Jeux mondiaux pour les greffés à Budapest.
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